Une nouvelle rubrique

Je vous ai déjà parlé de ma vie d’écrivain. J’ai du la laisser de côté faute d’éditeur et surtout de moyens. Il reste néanmoins trois romans, dont un  non publié que je vous propose de découvrir en avant première, chapitre après chapitre dans une nouvelle rubrique : LES ECRITS. Ne recherchez rien d’autobiographique il s’agit d’un pur roman. Et surtout n’hésitez pas à laisser des commentaires au fil de la lecture.

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Chapitre I

 

Cela faisait plus d’un an que la maison était fermée, exactement depuis son hospitalisation. Juste avant de partir en vacances, nous étions passés le voir avec Valérie, ma femme, et nos deux enfants, Adrien et Julia. Une visite de courtoisie, rapide, efficace et polie ; hygiénique, aurait dit mon frère. Il y avait bien longtemps que je n’avais plus que ça à lui offrir.

La chaleur étouffante de ce mois de juillet devait être en partie la cause de ses difficultés respiratoires. Son souffle saccadé et sifflant, trahissait sa mauvaise condition physique. A chaque pas hésitant, le vieillard épuisé grimaçait de douleur. Lui, l’homme raffiné et élancé, le chef d’entreprise respecté, ça devait lui en coûter de se montrer, si diminué. Valerie voulut l’aider à s’assoir, il la repoussa d’un air agacé, puisant dans ses faibles forces pour défendre le peu d’autonomie qui lui restait. Le voir ainsi, son grand corps maigre et vouté, n’engendra pas chez moi la moindre compassion, tout au plus le désir immuable de le fuir, lui avec qui je n’avais toujours pas réussi à faire la paix. Quarante ans que je lui en voulais, quarante ans que j’attendais qu’il fasse le premier pas, qu’il s’excuse.

Je tirai Valerie par le bras et l’entraînai hors de la pièce, tandis que mon père reprenait, petit à petit, sa respiration.

-Nous ne pouvons pas le laisser comme ça, Olivier! Il ne va vraiment pas bien, il doit absolument voir un médecin.

Valérie avait raison, je reculais cette décision depuis plusieurs mois. Au fil de nos visites, je vis son état empirer ; sa peau devenue transparente et cireuse, ses cheveux plaqués sur son crâne osseux, lui donnaient un air cadavérique. Il ne voulait pas perdre la face et s’efforçait de me rassurer, me renvoyant d’autant plus à ce sentiment insupportable d’impuissance coupable.

-Ne t’inquiète pas, le médecin passe toutes les semaines. Lui, au moins, il vient me voir, s’était-il senti obligé d’ajouter, d’un ton aigre.

Je n’avais retenu que le début de sa phrase, ça m’arrangeait bien. J’étais mal à l’aise devant lui, je fuyais son déclin, de plus en plus inéluctable, et refusais d’admettre qu’il devenait impotent. Valérie attribuait la cause de mon déni à l’attachement profond pour mon père que je refusais de reconnaitre. Je me sentais surtout très lâche et la déchéance physique m’effrayait.
Pour l’instant, je ne pensais qu’aux vacances. Nous allions partir trois semaines en Italie, pourtant, ma mauvaise conscience me dictait d’agir. Le laisser ainsi, gâcherait notre séjour, je savais trop bien que la culpabilité me tarauderait comme toujours. Mon père allait nous pourrir nos vacances, comme il avait pourri la vie de ma mère et indirectement, celle de mon frère et la mienne. Valérie tomba sur le répondeur du docteur Marin absent jusqu’à la fin juillet : les patients devaient s’adresser directement aux urgences. Ce fut à ce moment là que, me connaissant, j’aurais renoncé et serais parti, mais pas ma femme. Elle insista et appela SOS médecins : quelqu’un serait sur place dans une petite heure. Une longue attente commença. Les enfants étaient sortis jouer dans le jardin, et nous nous retrouvâmes face à mon père somnolent. Ses cheveux blancs clairsemés et en bataille, tombaient sur son visage émacié, un filet de bave coulait au coin de sa bouche, ses doigts aux ongles trop longs s’agrippaient, tels des serres tremblantes, aux bras du fauteuil. Ce spectacle pitoyable me dégoûtait, Valérie se leva, l’essuya avec douceur et tenta de le recoiffer, le vieux ne bougeait pas.

Le toubib arriva enfin, une heure et demi plus tard. J’eus du mal à cacher mon agacement, mais décidai de prendre sur moi et ne rien montrer. Il s’approcha de mon père qui se laissa faire, sans dire un mot. Il lui prit la tension, puis l’ausculta ; la consultation dura une vingtaine de minutes. Je n’arrêtai pas de regarder ma montre, les enfants avaient faim et moi aussi. Quand il sortit de la pièce, le jeune docteur avait un air grave.

-Il est très faible et souffre de plusieurs complications. Il est indispensable de faire des examens complets, nous déclara-t-il.

-Pensez-vous que cela puisse attendre 3 semaines, lui demandai-je.

-Je ne crois pas, le mieux serait qu’il soit hospitalisé dès ce soir. Appelez le 15, c’est la solution la plus rapide. Ils le transporteront dans un hôpital où une équipe médicale le prendra en charge tout de suite. Possible que ce ne soit pas si grave, mais par précaution, je vous encourage à le faire.

J’hésitai en regardant mon père qui haletait dans son fauteuil. Il parvint tant bien que mal à étendre ses jambes dans un long gémissement. Pendant ce temps, Valérie était au téléphone avec le SAMU, une ambulance allait arriver.

Deux heures plus tard, nous le laissions dans une chambre spacieuse et propre, entouré d’un médecin et d’une infirmière. Ils allaient le garder en observation quelques jours, le temps de faire les examens nécessaires. Le vieux était stressé et même s’il ne le montrait pas, son regard trahissait son désespoir de se trouver là. Il cherchait à me culpabiliser comme à chaque fois, mais ça ne prendrait pas. Nous avions pris la bonne décision, enfin Valérie l’avait prise pour moi. Le savoir en sécurité me rassurait et me laissait partir en vacances l’esprit léger. Nous convînmes d’appeler l’hôpital deux jours plus tard pour connaître les résultats. Valérie embrassa son beau-père sur le front et sortit de la chambre. Je restai seul avec lui quelques instants, puis posai ma main sur son bras, il ne dit rien.

-Ne t’inquiète pas papa, on t’appellera tous les jours. Ils vont bien s’occuper de toi, ici. Ils te soigneront plus efficacement que le docteur Marin. Quand on rentrera d’Italie, tu viendras passer quelques jours à la maison.

la suite dans LES ECRITS

Le polar rural, comme si vous y étiez

Je me penche en ce moment sur le phénomène du polar rural, genre très tendance.

J’en lis deux en même temps :  Rural Noir de Benoit Minville et Jusqu’à ce que la mort nous unisse de Karine Giebel. Deux bons romans au demeurant. Probablement que mon mode de vie a dû avoir une incidence sur mes choix de lecture. N’est-il pas courant d’encenser les polars qui choisissent pour cadre l’Amérique profonde? Stephen King en a fait son fond de commerce préféré, je ne vois pas pourquoi nos campagnes ne seraient pas propices elles aussi à de magnifiques ambiances.

Il y a matière à de belles intrigues, j’observe, j’écoute, je sens. Je fais l’ex-parisien, mais reconnaissons que les activités locales sont assez réduites. Pas trop de lieux branchés, d’expositions en avant-première, de boutiques improbables et d’épiceries bio. Quand un village arrive à garder son bar tabac, c’est une chance, le reste est inexorablement aspiré par les grandes zones commerciales aux abords des agglomérations. Alors que reste-t-il?  C’est là que la matière à polar prend toute son inspiration.

Un droit de servitude peut ainsi devenir un enjeu mortel, une battue aux sangliers, un moment de tension impalpable. La dénonciation rode, toujours prête à surgir au moindre doute sur un permis de construire suspect. La jalousie n’est jamais loin, une piscine qui surgit derrière un brise-vue à la veille des beaux jours, est-elle bien réglementaire? Un puit détourné ou un cours d’eau devenant canal d’irrigation pour un fermier indélicat qui a oublié de demander l’autorisation peut ainsi devenir un sujet de rancoeur impitoyable. L’ennui est récurant, espionner ses voisins devient l’attrait principal. Etre à l’affût des histoires de familles, des malheurs des uns, du bonheur forcément un peu irritant des autres nourrit les conversations et les hypothèses. Le tout dans un décor souvent superbe, un joli paysage provençal, une région boisée, une étendue sauvage ou bien une belle campagne avec champs à perte de vue, sans parler des parcs naturels. L’unique café du village regorge de murmures et de non-dits, le quatre-quatre avec les chiens de chasse n’est pas loin. A l’horizon, les chevaux dans leurs prés attisent les regards, comme ces moutons qui paissent entre les vignes. Le loup et ses légendes sont forcément de la partie, un coup de fusil part vite. Eh oui, car ici, tout le monde ou presque, est armé, le sang est chaud, les regards mauvais. Pas besoin d’être boulevard de Barbès pour croiser des mines patibulaires. La banlieue fait peur avec sa fureur, tandis que la campagne se cache derrière ses silences inquiétants.

Je me dis qu’il y a matière à imaginer un bon thriller, rien qu’au bas de la colline où j’habite. Paysage idyllique, l’odeur du thym sauvage, les merles qui se répondent au coucher du soleil, la cloche du village… et puis ce cabanon abandonné, cette caravane qui n’était pas là hier… Et la presse locale qui regorge de petits meurtres, d’accidents mystérieux, d’animaux égorgés, de règlements de compte familiaux ou entre voisins. Je vous le dis, inutile d’aller loin, le thriller rural est à deux pas de chez nous.

L’auto-publication, le rêve utopique

Sans bien connaître toutes les arcanes de l’auto-publication, et faute d’avoir trouvé un éditeur prêt à se pencher sur le berceau de mon manuscrit, je m’étais dirigé vers l’incontournable Amazon pour publier mon premier roman. Cette plateforme en ligne me semblait être la plus fréquentée, à défaut d’être la meilleure. 


Après quelques semaines d’observation, je n’ai pu que constater le peu de visites et de téléchargements. J’ai donc mené ma « petite enquête » pour mieux comprendre les freins éventuels qui pouvaient empêcher une plus large diffusion.

D’un naturel optimiste, j’ai naturellement écarté la possibilité que mon livre n’intéresse personne, je ne suis pas un adepte de l’autoflagellation. Les échos positifs des quelques personnes qui avaient lu le manuscrit en avant-première, m’ont donné le courage de persévérer.

J’ai donc choisi aujourd’hui d’ouvrir la publication du livre sur la plateforme de Librinova.

Certes, il y a un coût d’entrée non négligeable au regard de mes maigres finances, mais la prestation est de bonne qualité. Librinova bénéficie d’une bonne réputation, et surtout, elle offre pour ceux qui achètent le livre de pouvoir choisir le format de téléchargement. En effet, même si je suis un adepte de la liseuse Kindle, que je trouve agréable pour lire, le format adopté est assez fermé et ne fait pas l’unanimité, en tout cas pas dans mon réseau immédiat.

J’ai aussi pu remarquer que la maîtrise de la mise en page sur le support Kindle se montrait complexe et aléatoire… sans parler du téléchargement des pages gratuites de bien mauvaise qualité. Autant de raisons qui pouvaient paraître un frein éventuel à la lecture.

Le choix de Librinova sur le conseil d’un éditeur m’a donc semblé plus judicieux, j’ai pu ainsi ajouter un prologue et un sommaire, ce qui n’avait pas été possible dans la version antérieure.

Enfin, et là je peux rêver, Librinova peut accompagner un auteur vers la publication papier, l’eldorado de tout écrivain. Pour ce faire, la route est naturellement longue, il faut totaliser mille téléchargements, pour cela je compte sur le bouche à oreille. Je vous le répète je suis d’un naturel optimiste.

Bonne lecture à tous


 http://www.librinova.com/shop/nicolas-schlaffmann/une-encombrante-maitresse

Prendre son temps

Depuis un an, je suis sur mon nouveau manuscrit, ma fidèle relectrice vous le confirmera. Une quête identitaire, un jeu de miroirs entre père et fils. A quarante ans d’intervalle.

Ne cherchez rien d’autobiographique, c’est ça la magie de l’écriture, se cacher derrière des mots et des histoires inventées de toute pièce, dans un jeu de cache cache permanent.

Le vrai se fond dans les détails, le faux partout ailleurs. Un peu comme mon premier roman qui a dû en déconcerter plus d’un. Surtout ceux qui me connaissent. Cherchant sans doute derrière cette histoire, où j’avais pu me nicher. Heureusement, je n’étais  nulle part!

En finir avec le moi

C’est sans doute ça qui m’a permis de le terminer, contrairement aux deux premiers manuscrits probablement trop personnels. C’est la grande erreur de vouloir parler de soi. Mieux vaut s’exprimer à travers des fictions dans lesquelles, on se glisse subrepticement. C’est aussi ça la magie de l’écriture. Jongler avec un univers de contraintes, répondre à un cahier des charges et semer par moment des petits indices personnels.

Pour en revenir à ce nouveau manuscrit, aujourd’hui il ne me reste plus que deux ou trois chapitres à écrire pour le clore. Et comme si cela ne suffisait pas, me voilà pris d’une frénésie insoupçonnable, je rajoute des chapitres pour compléter des parties déjà rédigées… Tenir un manuscrit sur plus d’un an, c’est une curieuse aventure, on y retrouve ses humeurs et le temps qu’il faisait, on se souvient de l’endroit où l’on était pour écrire telle ou telle scène, et puis c’est une formidable aventure qu’on n’a pas forcément envie de quitter. On s’attache aux personnages, on leur donne vie et corps. Certains deviennent plus importants parce qu’ils sont tout à coup, malgré vous, devenus sympathiques et familiers, tandis que d’autres à qui on avait réservé un rôle de choix, n’arrivent pas à décoller et se retrouvent privés d’action. Il est arrivé ainsi à un personnage central à qui j’imaginais faire porter une grande partie du récit, de disparaitre, j’avais beau essayé de le faire venir, je n’ai pas réussi à m’attacher à lui, il est devenu sans que je m’en rende compte, un personnage de second plan, alors que je le promettais à une grande destinée.

Ainsi sans perdre le fil de la trame narrative que je me suis fixé, un semblant de rigueur oblige, je suis venu à la rencontre de mes personnages, leur donnant à chacun une mission. Ils portent le récit, contribuent à l’intrigue, partent et reviennent. C’est pourquoi, dans ce nouveau roman, les différents acteurs prennent plus d’importance que l’histoire. Ce désir m’est venu en lisant le remarquable livre de Céleste Ng – Tout ce qu’on ne s’est jamais dit  que je vous conseille de lire.

Rendre les personnages crédibles pour qu’ils paraissent plus humains, qu’on puisse s’identifier à eux. Au fond, le but est de les rendre plus intéressants que l’histoire elle-même. C’est à mon avis l’exploit que Céleste Ng a accompli et auquel j’espère également parvenir, même si je suis loin d’avoir le talent de cette auteure.

Mes premiers pas dans l’écriture

Je ne me suis posé aucune question en écrivant Une maitresse encombrante. Echaudé par mes deux précédentes tentatives, plus ou moins autobiographiques, je souhaitais écrire juste un petit thriller psychologique, en me détachant le plus possible de mon quotidien et de mon univers.

Comme toute aventure, cela généra une série de rencontres plutôt sympathiques. La preuve, les deux principaux contributeurs qui m’ont le plus aidé sont devenus de vrais amis.

De belles rencontres

Il y a d’abord Claudia, que j’ai rencontrée sur les réseaux sociaux et qui s’est montrée d’une aide précieuse dans la création du personnage principal. Elle m’a fourni les éléments essentiels, cette ambiguïté sulfureuse qui manquait. Ses souvenirs d’enfance m’ont permis de donner du corps à la personnalité troublée de Dominique. Au fil de nos échanges, nous nous sommes découverts des passions musicales communes qui bientôt prirent le pas sur les descriptions vestimentaires et les émotions de mon personnage principal. Claudia m’avait apporté des anecdotes précieuses, et je la remercie pour son aide qui m’a permis de donner un peu de crédibilité à mon héroïne.

La seconde personne tout aussi importante, voir même plus, c’est Théonie, une amie qui s’est avérée une remarquable relectrice. Elle a fait un travail énorme et continue d’ailleurs à m’accompagner sur mon prochain roman. Son rôle va bien au-delà d’une simple relecture. Je me sens très redevable de tout le travail qu’elle fournit. Et je suis très heureux de la confiance qui a pu s’établir entre nous au fil de nos échanges. J’apprécie son regard parfois critique, ses remarques toujours pertinentes et son sens rigoureux du détail. Aujourd’hui, elle est devenue indispensable dans mon travail d’écriture.

Il fallait bien un premier roman. Et  Une maitresse encombrante remplit ce rôle parfaitement. Il a les défauts de sa jeunesse. Heureusement, il n’a aucune prétention et c’est ce qui peut le rendre facile à lire. Ni théorie ni message caché. C’est un livre suffisamment ambigu et libre pour ne pas m’en rendre prisonnier.

Les retours que j’en ai eu des personnes qui ont bien voulu le lire et me répondre, sont plutôt encourageants. Leurs remarques m’ont permis de persévérer et de pas douter. Je me suis ainsi souvenu de ma jeunesse quand je sortais plein d’espoirs de l’Ecole des Beaux Arts et que je me suis lancé  à corps perdu dans la peinture,  peignant nuit et jour de grandes toiles, habité d’une énergie que j’aurais bien aimé conserver tout au long de ces années. J’ai retrouvé dans le besoin d’écrire la même urgence et la même inquiétude face aux regards des autres, auxquels il faut forcement se confronter, c’est le but et l’objectif.

Dire que je me sens aussi fébrile qu’à l’époque où j’avais vingt ans serait exagéré, mais les doutes et les questions sont les mêmes. Heureusement, ces trente années passées en agences de communication m’ont servi, je suis mieux armé pour affronter les critiques constructives et suis capable de me remettre en question quand c’est justifié.

 » Ce n’est pas la force, mais la persévérance, qui fait les grandes oeuvres . »

Samuel Johnson

Loin de moi la prétention d’avoir écrit une grande oeuvre, mais la notion de persévérance me semble très juste.

C’est ainsi que sur les conseils de Théonie, j’ai pu revoir en profondeur la première version du manuscrit Une maitresse encombrante. C’est grâce à elle, et avec un certain entrain je me suis replongé dans les aventures dramatiques de Dom et Dominique, coupant, rajoutant, complétant et réorganisant  ce qui pouvait paraitre maladroit ou confus.

Le résultat n’est pas parfait, rien n’est jamais parfait surtout en création.

il fallait bien commencer

Changer radicalement de vie, ne pas tout maîtriser, accepter les échecs et subir les accidents industriels, et puis faire de belles rencontres, c’est un peu tout ça que j’ai vécu depuis trois ans.


Un flash-back s’imposera, rassurez-vous, il ne sera pas trop long. J’ai remarqué que les gens n’aiment pas qu’un ami étale son malheur, ça les rend mal à l’aise, ils ont peur que ça leur file la poisse. Je les comprends, je ferais pareil.Seulement, l’ami qui n’a pas vécu que des choses agréables depuis trois ans, en l’occurence, c’est moi. Remarquez, il y a toujours pire, c’est ce que l’on se dit pour se rassurer. Et au fond, le but n’est pas de se plaindre, mais d’avancer.

En route vers l’aventure

Pour la faire courte, il y a trois ans, j’ai eu un ras le bol de ma vie parisienne, ça couvait depuis un certain temps. Ce mal-être déteignait sur ma famille, ma femme et mon fils. J’étais devenu chiant et bougon. Il fallait agir. Alors, le projet d’une vie meilleure s’est fait jour, là-bas, tout en bas, dans le sud. Sous le soleil de la Provence. Bille en tête, nous avons tout quitté, on a filé sans se retourner dans le Var. Au chaud, pour une nouvelle aventure. Adieu Paris, travail de plus en plus ingrat, clients compliqués et pas reconnaissants, quotidien gris…


Et puis là, c’est la sortie de route, le projet ambitieux qui devait me rendre heureux, me rapprocher de ma femme et de mon fils, en un mot m’équilibrer, a volé en éclat.

Ici je m’arrête, je ne vous en dis pas plus pour le moment, ce serait trop long, ça va vous fatiguer et vous ne reviendrez plus me lire.


Donc, après pas mal de déboires, et tout n’est toujours pas résolu, loin s’en faut, je me suis mis à l’écriture, il y a maintenant un an et demi. Un premier manuscrit inachevé, un second, lui aussi tout aussi inachevé, et puis miracle le troisième fut le bon et il sera finalement bouclé au mois de mai 2015.

Editeurs me voilà!

Ce premier livre devait s’appeler Dominique, il a changé de titre pour devenir, Une maîtresse encombrante. Après une première vague infructueuse de recherche d’éditeurs, une vingtaine d’envois jusqu’en septembre 2015, je décide de me replonger dans le manuscrit sur les conseils d’une amie qui a bien voulu m’accompagner dans la relecture du livre. Finalement, ce travail de réécriture a duré jusqu’en février 2016 où je tente une nouvelle vague d’éditeurs, que j’estime mieux “ciblés”, une dizaine pour être précis. Là, j’attends, inquiet, parfois désespéré, perclus de doutes. Les premières réponses négatives arrivent en ce moment. D’un naturel optimiste, je m’accroche au silence des autres que je vois comme une bonne augure… Et puis, je me lance dans l’auto-publication, parce qu’il faut bien avancer.


Aujourd’hui, c’est un peu tout ça que je veux partager avec vous. Cette expérience, avec mes erreurs, mes succès, mes doutes. A plusieurs, on est plus fort et il faut l’être pour avancer dans le monde dans lequel nous vivons. Bonne journée amies lectrices et amis lecteurs.