Entre passion et besoin de partager, l’économie des crevards a trouvé sa source

Je continue mon petit tour de l’économie des crevards dont une des origines est issue de l’économie digitale. Elle fait appel aux mêmes ressorts : passion, enthousiasme, envie de partager…. 

Tout commence simplement. Ce jour-là, j’achète de la musique sur iTunes, oui, j’achète plutôt que télécharger gratuitement et mon abonnement à un service de streaming est payant également; parce qu’on ne peut pas s’insurger contre l’économie des crevards et faire la même chose avec des artistes qui ont eu aussi besoin de bouffer. Donc, je reviens à mon achat. L’album est une excellente surprise et suscite chez moi un enthousiasme certain que je désire partager immédiatement, me voilà donc à évaluer mon niveau de satisfaction par un système d’étoiles et le clamer à la face du monde, qui au fond doit s’en foutre totalement… Mais pas autant que ça, un disque qui cumule les cinq étoiles aura plus de chance d’attirer mon intérêt que ceux qui n’en totalisent qu’une ou deux. Alors, je mets mes cinq étoiles et là, iTunes me propose de déposer un avis.

Mon enthousiasme n’a pas faibli et je décide de perdre quelques précieuses minutes à rédiger un avis que j’espère pertinent, intéressant et communicatif. Je me sens pousser des ailes de critique de disque, forcément positif. Et là, doucement, j’ai mis le doigt dans l’engrenage. Je vérifie que mon avis a bien été enregistré, qu’il figure en bonne place et qu’il est jugé pertinent par les utilisateurs d’iTunes. Eh oui, l’apprenti juge que je suis est lui même jugé… La compétition est partout. Je suis devenu un gentil contributeur bénévole sur iTunes et par la même occasion, je me retrouve à travailler (un petit peu) gracieusement pour de grandes maisons de disques. Vous voyez où je veux en venir?

On appelle ça l’expérience consommateur 

Retour à mes expériences, j’achète sur Amazon (c’est à l’époque bénie où je ne faisais pas encore partie de l’économie des crevards), une enceinte mobile pour écouter ma musique achetée légalement. Le produit arrive et correspond parfaitement à mes attentes. Vingt-quatre heures plus tard, Amazon m’envoie un mail pour me demander si je suis satisfait. Bien sûr que je le suis! Je note donc le produit, les sacro-saintes petites étoiles… Et puis là aussi, on me demande si je ne voudrais pas laisser un avis. Bon prince, je m’exécute. Je rédige un avis, que je veux pertinent et utile. Quelque temps plus tard, je reçois un mail d’Amazon qui me demande si je veux répondre à la question de ce client potentiel qui hésite sur le choix de cette enceinte… Je me plie donc à cet exercice et réponds du mieux possible à la question. Une semaine plus tard, nouveau mail, nouvelle question d’un nouvel acheteur potentiel… Je fournis l’explication attendue. Et ce petit jeu continue ainsi pendant trois autres mails… Jusqu’à ce que j’en reçoive un, cette fois-ci, de la marque de l’enceinte qui me demande si j’aurais l’obligeance de déposer directement un avis sur son propre site.

Je ne sais combien de temps j’ai consacré à promouvoir ce produit, mais ce que je sais, c’est que tout cela ressemble fortement à du travail et que ça n’est pas rémunéré. Une fois de plus, on a fait appel à mon enthousiasme et mon désir de partager. Peut-être devrais-je m’inscrire dans une « ferme à click », au moins, je serais payé… très mal, j’en conviens. Tiens, parlons-en des like, ce sera mon prochain sujet.

3 réponses sur “Entre passion et besoin de partager, l’économie des crevards a trouvé sa source”

  1. Et oui on se fait tous avoir à ce jeu.
    C’est notre enthousiasme et l’envie de partager qui nous poussent à répondre à ce genre de mail.
    On se dit qu’on rend service mais il est vrai qu’on fait de la pub gratuitement pour le produit ; )

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *