LES MOTS

Les écrits, professionnels, personnels, littéraires

Une sélection de textes que j’ai écrits. ils peuvent provenir de newsletter, mailing, synopsis, de mes manuscrits ou livres publiés. des extraits qui s’enchaînent sans avoir besoin de se répondre. Collage improbable ou jeu de hasard. Juste des mots, des phrases, du sens dans tous les sens.

 

Evoluer, être reconnu à sa juste valeur,

progresser, devenir un leader dans son entreprise. **On aspire tous à la reconnaissance**, on voudrait prendre des initiatives, faire avancer les choses, parce qu’on est sur d’avoir de bonnes idées mais qu’il est parfois dur de les exprimer et encore plus de les mettre en oeuvre. Qui n’a pas eu ce moment de doute, où certain de notre talent, une vague de frustration nous envahit. On pense avoir les bonnes solutions, on se sent l’âme d’un sauveur. C’est sans compter avec les priorités de l’entreprise. La frustration nous guette, **le super-héros qui sommeille en nous soupire.**

recommandation pour un synopsis pour un site emploi


Dominique avait 19 ans.

Batiste, son professeur de photo approchait des 40. Sous prétexte de portrait photo, il l’avait invitée dans son atelier de la rue des Morillons. La jeune femme était comme tous les étudiants de son âge, un peu effrontée et **à la recherche d’un look** qu’elle imaginait rebelle. Elle ne sortait jamais sans son blouson de cuir, un Perfecto acheté dans un dépôt-vente. Ses jeans serrés mettaient sa fine silhouette androgyne en valeur. Pour parfaire son style, Dominique s’était trouvée une paire de bottes mexicaines, dégotées à prix d’or dans une petite boutique derrière la place de la République. Ainsi avait débuté sa période garçonne.

extrait d’Une maitresse encombrante Roman 2015


Cela faisait plus d’un an que la maison était fermée,

exactement depuis son hospitalisation. Juste avant de partir en vacances, nous étions passés le voir avec Valérie, ma femme, et nos deux enfants, Adrien et Julia. Une visite de courtoisie, rapide, efficace et polie ; hygiénique, aurait dit mon frère. Il y avait bien longtemps que je n’avais plus que ça à lui offrir.

La chaleur étouffante de ce mois de juillet devait être en partie la cause de ses difficultés respiratoires. Son souffle saccadé et sifflant, trahissait sa mauvaise condition physique. A chaque pas hésitant, le vieillard épuisé grimaçait de douleur. Lui, l’homme raffiné et élancé, le chef d’entreprise respecté, ça devait lui en coûter de se montrer, si diminué. Valerie voulut l’aider à s’assoir, il la repoussa d’un air agacé, puisant dans ses faibles forces pour défendre le peu d’autonomie qui lui restait. Le voir ainsi, son grand corps maigre et vouté, n’engendra pas chez moi la moindre compassion, tout au plus le désir immuable de le fuir, lui avec qui je n’avais toujours pas réussi à faire la paix. **Quarante ans que je lui en voulais, quarante ans que j’attendais qu’il fasse le premier pas**, qu’il s’excuse.

extrait du manuscrit L’album photos Roman 2016


De nombreuses études le prouvent,

la rentrée est pour beaucoup d’entre nous, source de stress. Le constat n’est pas nouveau, la cause en serait notamment, une anticipation inquiète de ce que l’on va retrouver en reprenant son activité professionnelle, mais aussi dans sa vie de tous les jours. Pour y remédier, tout le monde s’accorde à le dire, il n’y a qu’une seule solution, reprendre le rythme progressivement. Inutile de se fixer des objectifs intenables, mieux vaut repartir sur de bonnes bases. (…)

Comme souvent, ce sont nos voisins d’Europe du nord qui ont été précurseurs en la matière. Les entreprises et les responsables RH ont très vite compris les bienfaits du sport dans le cadre de l’activité professionnelle. Heureusement, la France n’a pas tardé à emboiter le pas, l’activité physique devient un thème important par les entreprises.

La pratique du sport dans le cadre de l’entreprise n’a que des avantages. Elle répond aux recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), insistant sur le rôle de l’employeur en matière de prévention des maladies. L’OMS conseille de pratiquer une activité physique régulière (marche à pieds, vélo) afin d’améliorer l’endurance cardio-respiratoire, lutter contre les troubles musculo—squelettiques, la sédentarisation, tout en réduisant le risque de maladies non transmissibles et les dépressions. Pour l’entreprise les bénéfices sont multiples. En luttant contre les facteurs de risque liés à la santé on remarque une baisse de l’absentéisme, et même du turnover. Parallèlement, on constate également **une augmentation de la performance individuelle et collective**. C’est aussi un moyen de renforcer le lien et de générer une véritable dynamique autour de l’esprit d’équipe. Enfin, et ce qui est loin d’être négligeable, la mise en place d’activités physiques dans l’entreprise agit préventivement contre les risque de burn-out, en recrudescence, ces dernières années, chez les cadres, notamment.

La frontière avec la vie privée est ténue, il faut donc faire preuve de beaucoup de pédagogie et avancer par étapes, ne pas hésiter à faire appel un coach extérieur pour une première phase de sensibilisation, de conseils et de diagnostics.

extrait de la Newsletter Vitaelia Focus-Actu septembre 2016


Qui n’a jamais envoyé un mail professionnel le week-end ou le soir?

Une étude réalisée par la société Adobe en 2015 révèle que 74% des cadres français déclarent se connecter à leur entreprise de chez eux, sur leur temps de repos le soir et le week-end, dont une grande majorité la nuit dans leur lit (ce qui ne va pas contribuer à régler les troubles du sommeil dont souffrent 62% des français!). Pas si surprenant que ça, avouons-le.

Cela ressemblait au départ à une forme de liberté gagnée, les salariés découvraient un nouveau moyen de s’affranchir de leur bureau et des contraintes horaires tout en gagnant en autonomie. Travailler où l’on veut quand on veut…Inviter l’entreprise chez soi par l’entremise de son smartphone avait quelque chose de ludique, un privilège qui deviendra rapidement un piège. Ne pas répondre au mail de 23h de son patron entraine une réaction de culpabilité qui ne fait que grandir quand on découvre avec horreur, que d’autres collègues eux n’hésitent pas à répondre quelle que soit l’heure. Cette surenchère se transforme vite en une véritable compétition/addiction qui elle même génère du stress. La surconnexion touche aussi bien la sphère privée que professionnelle, elle est alimentée, en partie, par un besoin de reconnaissance, **une quête de reconnaissance sociale** sur les réseaux sociaux par une présence active, un besoin de reconnaissance de l’entreprise pour l’assiduité que l’on développe à toute heure du jour et de la nuit à consulter et répondre à ses mails professionnelles.

Ce n’est pas pour rien que selon une étude Apec, 60% des cadres interrogés, estiment que se connecter en dehors de leurs heures de travail engendre un effet négatif sur leur qualité de vie. Forts de ce constat ils ne sont pourtant que 23%, à réussir à se déconnecter, hélas. Cette addiction est devenue la cause de multiples problèmes dans l’organisation de la vie privée et vie professionnelle de nombreux salariés.

Le droit à la déconnexion inscrit à l’article 55 de la nouvelle loi travail fait quasiment l’unanimité. Pas forcément dans les solutions qu’il propose, mais au moins vis-à-vis du problème qu’il aborde: la surconnexion numérique déborde totalement sur la vie privée. Et ça ne s’arrange pas, la peur de ne pas être au niveau, la **précarité virtuelle intégrée**, autant de facteurs qui génèrent un sur-engagement des cadres dans leur travail. Tout cela conduit à un épuisement professionnel et à une perte importante de sommeil. Pas étonnant que nous détenions le triste record européen de consommation de somnifères.

La frontière de plus en plus floue entre connexion sur son lieu de travail et consultation régulière de données professionnelles chez soi, génère une pression croissante chez les salariés connectés. Le cercle familial a perdu son rôle de refuge salutaire dont chaque individu a besoin pour se régénérer, l’entreprise de son côté doit faire face à une surconnexion de ses salariés pas forcement liée à leurs missions professionnelles.

Le rapport Mettling remis à la ministre du travail Myriam El Khomri en 2015, fait un constat lucide sur le sujet. Mais au delà du droit à la déconnexion, savoir se déconnecter au domicile est une compétence qui se construit également à un niveau individuel. **Le droit à la déconnexion est avant tout une responsabilité partagée du salarié et de l’employeur.** La recherche de solutions relève donc autant d’une éducation au niveau individuel que d’une régulation au niveau de l’entreprise.

Chacun doit être acteur. L’entreprise propose un cadre légal, met en place les règles d’usages et horaires de connexion adaptés à son activité. Le salarié, lui, apprend à se déconnecter, à ne plus être esclave de ses outils numériques, retrouve le plaisir du temps partagé avec sa famille, ses amis, à rire, sortir, multiplier les activités qui l’épanouissent et l’équilibrent. Les outils numériques ont été créés pour nous faire gagner du temps, nous libérer et nous faciliter la vie, ils sont gain de productivité et de rapidité. Nous en sommes devenus les esclaves consentants et pas forcement pour le meilleur ni du salarié ni de l’entreprise.

extrait de la Newsletter Vitaelia Focus-Actu octobre 2016


Repenser l’espace de travail, effet de mode ou réel enjeu d’avenir.

“On se rejoint à la cuisine, et après je file dans le petit salon, j’ai réservé un fauteuil et une connexion…”  Finis les bureaux où l’on passait la journée assis derrière sa table. Adieu les open spaces qui fleuraient bon les années 2000,  où chacun inventait son camp retranché à coup de cloisons et d’écouteurs, les salles de réunions sont devenues obsolètes, vive les zones de rencontres. Aujourd’hui il faut repenser les espaces de travail et les placer au cœur de la transformation de l’entreprise. Mais au fond, que ce cache-t-il derrière tout ça, un effet de mode ou un réel enjeu d’avenir?

On assiste à une véritable vague d’engouement, les entreprises se sont emparées avec enthousiasme de la problématique de l’espace de travail comme lieu de bien-être. Ce n’est pas pour rien que le groupe Danone a inscrit le réaménagement des 11 000 mètres carrés de son siège à Paris dans le plan stratégique Danone 2020. Car il s’agit bien de ça, au-delà d’une quête du bien-être, on assiste à une véritable évolution holistique qui associerait bien-être physique, psychologique et émotionnel, rien que ça.

La volonté est claire, faire évoluer les manières de travailler des salariés, réduire l’absentéisme, générer des économies et du gain de temps. Et ne dites pas aux entreprises que derrière ces belles paroles, elles font avant tout, la chasse aux mètres carrés… Elles le clament haut et fort, elles n’ont qu’une ambition, travailler autrement, de manière plus transverse, que les gens se rencontrent et échangent, bref elles privilégieraient le bien-être de leurs salariés avant tout. L’entreprise se fait forte d’être capable d’impulser d’autres manières de travailler, en phase avec ses nouvelles ambitions.  Il s’agit, par exemple, d’offrir à chaque salarié l’espace nécessaire, les ressources et les outils adéquats pour réussir. Mais tout ça n’est pas aussi simple. Car derrière ces pieuses intentions se glissent de réelles problématiques qui ne s’arrêtent pas au matériel. L’ergonomie d’un siège, l’ajustement de la hauteur d’une table ne règlent pas tout.

La peur du changement rend les salariés sceptiques. L’entreprise qui envisage de se lancer dans une réorganisation complète de son espace de travail doit être claire et pédagogique sur les objectifs qu’elle s’est fixée. Rien ne serait plus désastreux qu’un réaménagement de l’espace de travail qui ne répondrait qu’à des motivations d’image, à un désir de modernité prétexte à de la communication clients.

Repenser l’espace de travail c’est avant tout pour améliorer les conditions des salariés, faciliter les coopérations et les déplacements entre les personnes, avec des objectifs clairs. Le défis est de taille, il va falloir faire cohabiter des exigences de productivité, d’enjeux d’optimisation, sans perdre de vue l’amélioration indispensable de la qualité de vie au travail, en respectant les normes de sécurité et de bien-être de tous.

Réussir l’aménagement des espaces de travail d’une entreprise est un défi majeur, aussi bien pour le développement de son activité que le bien-être de ses salariés.

extrait de la Newsletter Vitaelia Focus-Actu novembre 2016