Pourquoi je n’aime plus les fêtes de fin d’année

Les fêtes sont passées, terminées, pliées, vous l’avez compris, je n’aime pas cette époque de l’année, je crois déjà vous l’avoir dit, j’en ai même fait un argument d’une carte envoyée à mes clients.
Mais à force de le répéter telle une litanie, je me suis posé la question de la cause réelle de mon aversion grandissante.

Naturellement le côté esprit de Noël sur-joué a le don de m’agacer, ce côté bonheur à tout prix sonne faux. Il faut bien jouer la carte du commerce et contribuer à la consommation, même si mes finances ont largement dépassé le rouge, je me devais de faire le minimum. Heureusement la Colline par son côté intemporel , a permis d’échapper à la liesse générale. Nul sapin, nous les avons laissé dans le jardin, nul crèche source de polémiques en ces temps d’obscurantisme… Bref objectif atteint, faire de Noël un jour comme un autre, et ça tombe bien, ma compagne qui me supporte au quotidien, partage mon point de vue. Il a suffi d’éviter la TV, les pubs sirupeuses, les regards émerveillés des enfants, les yeux humides des grand-mères recevant leur 300e album photos rempli de photos des enfants et petits enfants nourris au bonheur absolu.

-Pour que tu ne nous oublies pas Mamie…

Pas culotté le bambin… C’est plutôt lui qui adolescent va oublier sa grand-mère, la pauvre elle se forcera à s’inscrire sur Facebook, espérant le croiser, mais le chenapan a un compte privé et il ne laissera pas sa mamie chérie venir le lui polluer avec ses bons sentiments.

On est à peine sorti de Noël, qu’il faut affronter le réveillon du 31… Les bilans de l’année, les rétrospectives, les dix meilleurs films, les dix meilleurs disques, livres, spectacles, séries, j’ai même trouvé les dix meilleurs lapsus politiques. Les zapping sont de moins en moins drôles, l’actualité ne nous en laisse plus l’occasion… Alors là-aussi la fuite s’impose. La question récurrente : vous faites quoi pour le réveillon? est source d’inquiétude. Une invitation de dernière minute… alors que vous avez tout fait pour y échapper, trop heureux.
Mais tout ça n’explique pas tout. Chaque année cette période me plonge dans un abîme d’angoisse et ça ne s’arrange pas, au contraire. Alors il me fallait creuser la question, comprendre la raison cachée. J’ai beau être un ours, je ne suis pas allergique à ce point au bonheur des autres. Et puis la réponse est venue, je ne l’ai pas trouvée seul, ma compagne semblait plus avancée sur le sujet que moi.

Et si Noël était le moment idéal pour que ressurgissent les fantômes du passé?

Ces fantômes qui se rappellent à votre bon souvenir par leur absence. Les disparus, les décédés, les divorcés, les déménagés, les fâchés de longue date, les grandis trop vite et tous ceux qu’on ne reverra plus ou rarement. Pour moi Noël, c’est ma Toussaint… ma fête des morts, mon album souvenir, de tous ceux que je croisais le soir de réveillon au pied du sapin, bu du champagne avec et ri au moment d’ouvrir les cadeaux en pensant à ce sacré Père Noël qui nous a encore fait le coup de passer par le conduit de la cheminée trop petit. Ceux avec qui nous comptions les 13 desserts et tombions jamais sur le bon nombre, les fruits ça compte pas, mais si dans la tradition ça en fait partie. On cherchait des piles pour le jouet du petit dernier en maudissant le fabricant trop radin qui aurait pu en mettre dans la boite… Autant de souvenirs à partager ce soir un peu spécial où les cadeaux forment des montagnes de bons sentiments.

Le 31, l’occasion festive obligée

On se retrouve entre amis, on mange bien et à minuit on se précipite sur son téléphone pour envoyer des messages de bonne année à la terre entière, comme si les personnes présentes ne suffisaient pas à étancher le besoin de répandre son trop plein de voeux. On faisait comment avant les smartphones? Je ne me souviens plus, je crois qu’on s’embrassait sous le gui et on sortait les alcools forts.

J’aurais pu attendre encore un peu pour vous raconter tout ça, surtout pour ce premier billet de 2017. C’est pour ça que j’ai préféré reculer à début janvier, que les fêtes soient passées, je ne voulais pas gâcher ces moments privilégiés. Je profite de cette occasion pour vous souhaiter sincèrement une belle et heureuse année, promis la prochaine fois je vous parlerai de choses plus amusantes.

4 réponses sur “Pourquoi je n’aime plus les fêtes de fin d’année”

  1. Hey Nico, effectivement un texte un peu sombre mais surtout très lucide. On sent la sincérité et aussi un voile posé sur beaucoup de pudeur. J’aime bien. Ton style, ton phrasé, ça touche.
    Bon, ben bonne année quand même à toi et aux tiens. 🙂

    1. Hello Luc, merci pour ton commentaire, heureusement il reste de nombreuses occasions de s’amuser et de passer du bon temps avec les amis tout au long de l’année. Encore tous mes voeux pour toi et tes proches

  2. Je me suis fait exactement la même réflexion cette année et j’en suis arrivée à la même conclusion. Sympa ton site !

    Emilie (ex-CR et néo-campagnarde aussi )

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